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L'interview de Franck Riboud, Président-directeur général

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La stratégie offensive de Danone pour préparer l’après-crise

Propos recueillis en avril 2010

Quelle stratégie Danone a-t-il adoptée pour traverser cette année de crise ?

Franck Riboud : Dès la fin 2008, nous avons décidé d’adopter une attitude résolument offensive par rapport à la crise. Nous ne voulions pas subir, nous contenter de faire le dos rond en attendant que passe l’orage ou simplement d’essayer de se mettre en résistance. L’attitude de Danone a été, au contraire, d’essayer d’utiliser la crise comme levier. De s’en servir pour accélérer ou initier certaines transformations et, ce faisant, de prendre de l’avance. Pour cela, nous avons fixé nos priorités très vite, dès la fin 2008 ; plus rapidement et plus clairement que beaucoup.

L’année 2009 n’avait pourtant pas très bien commencé.

F. R. : Effectivement, le premier trimestre a vraiment été ce qu’on pourrait appeler un trimestre de crise, l’un des moins dynamiques de l’histoire de Danone. Mais c’est aussi le trimestre pendant lequel nous avons mis en place les bases de notre rebond et les premières mesures de notre stratégie de crise. Et les effets ont été assez immédiats : dès le deuxième trimestre, nous avons commencé à voir les signes positifs et à retrouver de la croissance, notamment en volumes et sur tous nos métiers.
Le troisième trimestre a largement confirmé et amplifié le rebond. Et nous avons terminé sur un quatrième trimestre encore meilleur, avec une croissance organique supérieure à 5% et une progression de nos volumes de près de 9%. L’une des meilleures performances trimestrielles de l’histoire du groupe. La spirale de 2009 a donc été pour Danone une spirale vertueuse, qui nous a tirés vers le haut.

Et 2010 ?

F. R. : Nous sommes prudents. Il y a encore bien peu de lisibilité et je n’ai pas de boule de cristal. La crise financière peut ressurgir. La crise économique n’est pas terminée, et la crise sociale, liée à la montée du chômage, n’a peut-être pas encore tout à fait commencé. Mais en même temps, si l’on se concentre sur Danone, 2009 nous a apporté quelques confirmations et quelques satisfactions qui nous permettent de nous engager sur des objectifs précis : une progression de nos ventes d’au moins 5% (en données comparables), une marge équivalente à celle, record, de 2009, et une progression de 10% de notre génération de trésorerie. La prudence n’empêche pas l’ambition.