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La solide performance de Danone en 2008 dans un contexte complexe
Quelle analyse faites-vous de l’année 2008 ? Propos recueillis en avril 2009
Franck Riboud : Même avant la fin de l’année 2008, tout le monde, et notamment les marchés financiers, ne regardait déjà que 2009. Je pense pourtant que l’année 2008 est une année intéressante à analyser, parce qu’elle peut nous permettre de tirer quelques enseignements importants pour envisager le futur proche, notamment pour Danone.
Le premier enseignement, c’est que nous sommes encore une fois au rendez-vous de nos objectifs : croissance organique du chiffre d’affaires (+ 8,4%*), progression des marges (plus 53 points de base*) et du bénéfice net par action (+ 15,1%**). Nous avons en effet connu un excellent premier semestre de croissance (+ 9,6%*), mais ce qui est pour moi le plus intéressant, en termes d’enseignements, c’est la deuxième partie de l’année. La crise s’est déclarée partout depuis l’été 2008, mais nos grands indicateurs sont restés dans le vert au cours du second semestre, et le dernier trimestre a été marqué par une croissance solide, dans un univers très chahuté : + 6%*. Cela ne veut pas dire que Danone est à l’abri de la crise, mais cela démontre qu’il y a une vraie solidité, construite au fil des années, sur nos grands atouts : force des marques, cohérence de notre stratégie, de nos métiers ou de notre gestion des équilibres géographiques. Cela illustre aussi qu’il y a une réactivité et une mobilisation sans faille des équipes. C’est sans doute ce qu’il y a de plus précieux dans l’univers actuel.
L’intégration de Numico a, semble-t-il, beaucoup contribué à la qualité de ces résultats ?
FF. R. : C’est pour moi, justement, le deuxième enseignement de 2008, en forme de confirmation : l’acquisition des divisions Nutrition Infantile et Nutrition Médicale était bien pour Danone le bon choix stratégique. Les résultats sont là en termes de croissance, de marges, de synergies (nous irons même dans ce domaine au-delà des synergies de coûts prévues de 45 millions d’euros en 2008 et de 15 millions en 2009). Ils sont surtout là en termes d’intégration et de motivation des équipes, lesquelles ont remarquablement joué le jeu de part et d’autre. C’est un succès dont nous sommes très fiers. C’est la preuve non seulement que nos deux nouveaux métiers mondiaux sont des catégories d’avenir mais aussi que, loin d’abîmer ces business en croissance, nous les avons encore dynamisés en les intégrant. Une intégration présente toujours un risque. Dans notre cas, le processus a été particulièrement efficace et fluide.
Précisément, quelles ont été les performances respectives des quatre métiers du Danone nouveau format ?
F. R. : Le plus impressionnant, c’est bien sûr les métiers dont je viens de parler : + 17%* de croissance organique pour la Nutrition Infantile , près de + 13%* pour la Médicale. Mais, au centre du dispositif, les Produits Laitiers Frais sont toujours une formidable machine, avec plus de 8 milliards d’euros de chiffre d’affaires, qui croissent à près de 8%*. En masse, c’est un générateur de croissance inégalé (400 millions d’euros). Pour les Eaux, la performance globale (+1,9%*) reflète la coexistence de deux mondes très différents : d’un côté, quatre grands pays matures, où la consommation d’eau en bouteille recule assez nettement (France, Espagne, Royaume-Uni et Japon) mais où nos parts de marché se tiennent bien, voire progressent ; de l’autre, le reste du monde, qui représente déjà plus de la moitié de nos ventes et où les croissances sont à deux chiffres : l’Argentine, l’Indonésie, la Chine ou le Mexique, pays qui sera sans doute notre plus gros pays sur le marché des eaux dans quatre à cinq ans.



